Avril 2015

 

Naples et ses environs

Mes incontournables

1- Découvrir Naples la bouillonnante

 

Naples semble être l'enfant terrible du sud de l'Italie. Bouillonnante et assourdissante, on ne peut que tomber sous le charme insolent de cette cité, capitale de la Campanie. Elle est presque indéfinissable. Naples ne se visite pas, elle se vit !

Tout d’abord, effaçons rapidement les clichés qui collent à la peau de cette belle aux mille couleurs. Non, cette ville n’est pas dangereuse si vous êtes un touriste lambda comme peuvent le dire certains forums. La ville est clairement safe et les napolitains sont très agréables. Évidemment si vous trainez à la gare à 4h du matin ou si vous souhaitez enregistrer un remake de Gomorra à Scampia, il peut peut-être vous arriver quelque chose… Les quartiers espagnols ne sont pas non plus dangereux à condition d’y venir de manière intelligente, à des heures "normales". Ceux qui n’osent pas y aller ratent vraiment le cœur bouillonnant de Naples.

 

De plus, je n’ai pas trouvé Naples plus sale qu’une autre ville européenne. Regardons nos villes françaises remplies de déjections canines avant de donner des leçons aux autres. Ce n'est pas parce qu'il y a plein de poubelles que la ville est plus sale que Paris. Enfin, parcourez cette ville à pied ou avec le métro, car niveau frayeur avec les automobilistes, là, c’est clair que ça roule de manière folle.

 

Le logement

 

Nous avons logé à l'hôtel Piazza Bellini. L'emplacement s'y est avéré excellent (autour de Portalba), les petits dej' étaient extras, l'établissement était silencieux (rare dans cette ville) et les chambres très modernes et toutes équipées, avec pour certaines d'entre elles une petite terrasse. L'hôtel est situé à cinq minutes à pied de la station de métro Dante qui donne sur la dite belle place et est à trois minutes de marche à peine de la chapelle Sanseverro.

 

Ambiance scooters, pizzas et petites rues

 

S'il y a bien un cliché qui peut coller à la peau de Naples, c'est que cette ville est bordélique, dynamique, avec des secrets dans chaque recoin avec le Vésuve au loin qui surveille. La pizza également... Allez faire un petit tour chez Sorbillo pour manger la meilleure pizza du monde et bénie par le pape ! Des prix à défier toute concurrence même si c'est presque devenu une attraction.

 

Il est très sympa dans se balader dans le vieux Naples, ça grouille de monde, les femmes parlent ensemble autour d'un scooter, les hommes prennent du bon temps ou surveillent les boutiques. Le samedi, les rues sont véritablement noires de monde... Le matin au contraire, tout est plus tranquille et vous pouvez aller découvrir les petits marchés... Et quand on réfléchit à la mafia, on se demande où elle est dissimulée... peut-être ne faut-il pas savoir d'ailleurs.

 

Naples bouillonne et il faut se laisser transporter. Au contraire d'une ville avec des monuments clairement identifiés comme incontournables, on doit se laisser aller à Naples au fil de ses envies !

 

Un patrimoine religieux dément

 

Naples est le temple de la dévotion. Naples c'est la démesure, le baroque, les autels à tous les coins de rue (même pour Maradona), les miracles... Si on devait choisir quelques sites pour ne pas faire une overdose religieuse, je vous conseillerai les sites suivants : 

 

Tout d'abord, commencez avec le Duomo, en restauration, qui est la superbe cathédrale de Naples, dotée d'une superbe esplanade. Commencée au XIIIè siècle, elle conserve les reliques de San Gennaro, le protecteur de la ville qui est fêté en mai et septembre pour protéger encore et toujours la cité. Il y a un magnifique baptistère à découvrir qui vaudrait pour lui seul la visite.

Vous pouvez également visiter l'Eglise du Gesù Nuovo avec sa façade en pointe de diamant vers Spaccanapoli. Je vous recommande surtout d'aller découvrir à deux pas le Couvent des clarisses qui abrite un magnifique cloitre avec ses majoliques. C'est un paradis de silence en plein milieu de Naples.

Enfin, la visite incontournable du patrimoine religieux napolitain est assurément la Chapelle San Severo. Construite à la fin du XVIè siècle, la chapelle abrite, en plus d'un ensemble décoratif baroque un Christ voilé à couper le souffle (pas de photos... les gardiens ne vous lâchent pas). Le tarif est assez élevé, mais la finesse du Christ au milieu de la chapelle est hors du commun. C'est un grand moment de découverte.

 

Le quartier espagnol : l'âme napolitaine

 

Le quartier espagnol est le coin le plus typique de Naples. On est clairement dans le Naples populaire, vivant, bouillonnant...
Ces espaces et ces logements ont été construits au XVIè siècle pour accueillir les garnisons de militaires espagnols pour matter les révoltes populaires napolitaines. Evidemment, ce sont les lieux de relative misère sociale mais pas humaine. Le vrai Naples bat également ici, avec les scooters, les enfants, les petits garages, les ateliers de restauration de chaises, les petites épiceries. Le quartier est en pente et quadrillé... il n'y pas besoin de plan, il faut juste déambuler, regarder le linge suspendu et "sentir le quartier". Soyez juste raisonnable dans votre balade et éviter d'avoir un sac en bandoulière trop visible... un vol à l'arrache en scooter peut à mon avis vite arriver. Personnellement, je n'ai eu aucun souci et j'ai adoré ce spot.

 

Autour de la Piazza Plebiscito

 

Attention les yeux, l'ancienne capitale du royaume de Naples est autour de vous ! Les plus beaux bâtiments de Naples se rencontrent autour de la Piazza Plebiscito, à l'image du Palazzo Reale, de la Galeria Umberto I et du Castel Nuovo. Et autour se profile une magnifique balade le long de la mer, avec une vue dégagée sur le Vésuve.

 

Tout d'abord, faites un 360° de la plus grande place de Naples : la Piazza Plebiscito qui s'étend sur 25000 m2 et qui fait référence à l'unification italienne. Au fond, la basilique néoclassique rappelle le Panthéon romain. Notre conseil pour vivre cette place est de se placer sur les marches de la basilique et d'observer en laissant filer le temps. Touristes, locaux, enfants, joueurs de foot, militaires en répétition... nous y sommes restés près de deux heures à observer et profiter.

 

De l'autre côté se dresse le Palazzo Reale dont la construction s'étala de 1600 à 1900. Différentes statues sont érigées sur la façade. Quelques pièces sont spectaculaires à l'image du petit théâtre à l'intérieur et l'escalier monumental. Les autres salles offrent une visite plus que classique d'un palais avec de très grandes pièces en nombre conséquent.

Sur la façade, en 2015, on pouvait y découvrir, effaré, des portraits de différentes personnes assassinées par la Camorra...

 

Plus loin, la Galeria Umberto I sortie de terre en 1890 avec son impressionnante verrière à l'image de celle de Milan est comme un havre de paix au milieu des rues assez bruyantes du quartier.

 

Enfin, le Castel Nuovo présente une forme hyper originale avec une couleur très noire qui s'oppose au magnifique marbre blanc de Carrare très pur avec lequel est constitué l'arc de triomphe entre les deux tours. Il y a quelques pièces sympas à l'intérieur comme la salle des Barons et vous pourrez observer les portes originelles du château dans le petit musée.

Et n'hésitez pas à déambuler le long de la mer !

 

2- Monter voir le menaçant Vésuve

 

A la base, on s'est fait une journée « Vésuve et cités antiques », à savoir le volcan, Herculanum et Pompéi dans la même longue journée... ça tient parfaitement avec le train de banlieue, inclus dans la Napoli Card. Laetitia et moi avions très envie de découvrir ce Vésuve (ainsi que l'Etna et le Stromboli on espère en 2017). Elle est passionnée par tous les phénomènes naturels, la physique, la chimie... et il me paraissait intéressant, en dehors de la pure balade, de découvrir quel vilain volcan avait pu cramer les milliers de personnes quelques siècles avant J.-C dans les cités antiques avoisinantes...

 

Nous avons donc pris un car dans une agence sur les hauteurs d'Herculanum... Vesuvio's Express...

Le freestyle commençait ! Du grand art !

Le prix était honnête, le mini van équipé de ceintures de sécurité... sauf qu'ils ont pris un dernier touriste en plus dans le véhicule à la volée, sur le trottoir... Oui une personne de plus... donc au lieu d'être trois à l'arrière, on était 4. Niveau sécurité bonjour ! Ceinture de sécurité au revoir ! Mais c'est la Campanie ! Je trouve quand même dommageabe de mettre en insécurité des personnes pour fair rentrer 20€ dans les caisses... Après, je ne sais vraiment pas s'il faut s'attendre à autre chose... Par contre, le chauffeur était sympa et ponctuel...

 

La montée a été très sportive... et là, à l'arrivée, c'est le pompon final! Une anarchie absolue entre les cars, les voitures, le parking. C'est indescriptible ! Un capharnaüm sans nom !

Puis nous avons été lâches... merci on a pu reprendre notre respiration !
La montée dure une vingtaine de minutes vers le cratère... il y fait très frais, ça tire sur les jambes. Et puis IL est là : le cratère qui a tout détruit il y a deux millénaires... Ca fume, on sent que ça vit même s'il est endormi. Vous pouvez voir quelques fumerolles qui attestent qu'un jour, ça se répétera et ca re-pêtera, mais on ne devrait plus être là !

 

Vous pouvez faire un ¾ de tour... la vue sur les cités antiques est fascinante...

 

Il est déjà l'heure de repartir (et d'avoir un haut le cœur). J'ai adoré et ça me motive pour découvrir les autres volcans italiens plus actifs, à l'image du Stromboli, sur les îles Eoliennes.

 

3- S'imaginer (ou non) l'heure avant l'éruption à Pompéi

 

Pompéi se résume pour beaucoup d'entre nous aux corps figés post-effusion en 79 avant J.-C., aux superbes fresques des maisons patriciennes et aux photos des anciens thermes qui ont illustré nos cours d'histoire de collégien.

 

Les Romains qualifiaient de « Terre des dieux » la Campanie pour sa fertilité, sa proximité avec la mer et son climat favorable. Cette cité romaine accueillait avant l'éruption jusqu'à plus de 20,000 personnes. C'était colossal pour l'époque ! Et l'éruption fut dans le même esprit ! Pline le Jeune la commentait tel  « un nuage d'une taille et d'un aspect inhabituel… Sa forme rappelait celle d'un arbre et, plus exactement, celle d'un pin. Il se dressait comme un tronc gigantesque et s'élargissait dans les airs en rameaux ». Et la ville va être recouverte de matériaux éruptifs et de cendres pour rester jusqu'au 17è siècle enfouie et inconnue de l'humanité.

 

Le site est immense. Vous pouvez facilement vous y balader pendant une journée avec un plan (vraiment nécessaire pour spatialiser votre découverte). Il y a évidemment des points plus lisibles que d'autres, mais le forum, le bordel, les théâtres, des centaines de colonnes, des maisons sont dans un bel état de conservation.

 

Notre clin d'oeil coquin ira pour les fresques très explicites des anciens bordels de Pompéi qui décrivaient explicitement aux clients les pratiques coquines applicables par certaines dames contre rémunération. Pour l'anecdote, je reste interloqué du malaise occasionné par ses images chez des ados de 15-17 ans en voyage scolaire ! Sidérant ! 

 

Mon coup de coeur va, évidemment, pour la villa des mystères magnifiquement restaurée. Les mosaïques sont gigantesques, le rouge absolument pur... dommage qu'on ne puisse que voir à travers des volets de protection.

Mais on sent que le site nécessiterait beaucoup plus de conservation et de restauration, tant pour sa survie que pour sa lisibilité.

On sait que l'argent n'a pas été toujours utilisé là où il aurait fallu (beaucoup de détournements) et il y a pas mal d'endroits où ça se casse la figure !

 

Pompéi est un site à faire quand vous faîtes un week-end ou une semaine en Campanie. Et tant mieux pour nous, c'est accessible par le train de banlieue !

 

4- SE balader à Herculanum, la confidentielle

 

Herculanum est au contraire de Pompéi à taille humaine, avec plus de vestiges, moins de marche entre les sites... Un Pompéi en miniature, avec certes il est vrai, moins de fresques ou de monuments d'ampleur. L'idéal serait donc, à mon avis, de faire les deux ! Le site est magnifiquement conservé et on voit bien les espaces privés, commerciaux ou publics. C'est le théâtre qui fut découvert par hasard au tout début du XVIIIè siècle. La déambulation est très agréable sur le site (peu ombragé attention). 

De toutes les cités ensevelies par l'éruption du Vésuve, c'est assurément la mieux préservée. La ville moderne s'est construite en hauteur... on espère qu'elle n'aura pas le même destin.

 

Par ailleurs, mention spéciale au triclinium d'été décoré d'une nymphée et de mosaïques. La visite dure 2/3h en prenant son temps et en comprenant bien l'organisation de la ville romaine. N'hésitez pas à prendre un billet combiné (qui était à 20€ en 2015).

 

5- Claquer son portefeuille à Capri

Je ne vous ferai pas le (dé)plaisir de vous installer dans la tête la chanson « Capri c'est fini et dire que c'était la ville de mon premier amour Capri c'est fini peut-être que j'y retournerai un jour »

Capri, ça sent bon l'île de luxe, les riches, la mer bleue, les hôtels inabordables, la jet-set italienne, les napolitains en soif de repos, les vieux qui vont se la dorer... C'est un peu tout ça. Mais bien plus que bling-bling, l'île est au contraire plutôt attachante...

 L'arrivée sur l'île est impressionnante car on voit progressivement arriver le gros rocher au loin. L'île était déjà un lieu de villégiature à la période romaine. Cette tradition est toujours actuelle et l'île est un spot incontournable pour les touristes. Mais il est possible d'éviter le bain de foule en s'organisant un minimum.

 

La traversée au départ de Naples dure approximativement une heure et on vous débarque à la marina... des restaurants, des locations, un téléphérique... Ne prenez pas le téléphérique, il y a une queue de dingues, prenez vos jambes et c'est parti ! Vous mettrez autant de temps et ce n'est vraiment pas difficile. Vous allez donc arriver sur Capri « ville » et sa fameuse piazza Umberto I. Vous savez sûrement, celle où vous allez payer 9 euros un expresso en terrasse. Contentez-vous juste de jeter un œil sur la méditerranée. Ca envoie du très lourd. Et en avril, il faisait vraiment bon ! Après deux choix s'offrent à vous si vous faîtes l'aller retour dans la journée. Soit vous allez sur Anacapri, soit vous allez du côté de la Villa Jovis et de l'Arco Naturale. Nous avions choisi la deuxième option. 

 

 

Il est hyper agréable de se balader dans les petites rues. Maisons, fleurs, petits chats, vues sur la méditerranée... c'est hyper simple de s'y retrouver.

L'arco naturale, arc creusé par la mer est un incontournable très impressionnant avec une eau d'un bleu éclatant.

La Villa Jovis vous coûte quelques euros mais ce sont les seules traces de l'époque romaine. La déambulation est plaisante et offre de bons points de vue sur l'île.

Je vous conseille aussi de vous balader le long de la côté afin d'atteindre « i Faraglioni », les gros rochers apposés au cœur de la méditerranée voire même jusqu'au belvedère Cannone. N'oubliez pas également de vous balader aux jardins d'Auguste.

 

Attention, tout est excessivement cher à Capri ! Autre gros défaut... le manque de politesse des groupes asiatiques (et là il faut clairement le dire, éducation 0). Je n'ai jamais vu ça. Des rouleaux compresseurs irrespectueux qui gâchent clairement le plaisir du touriste lambda, mais pas celui du commerçant de luxe. Vous verrez aussi des supers mégas riches qui se font transporter avec des petites papa-mobiles d'hôtel... le comble du luxe !

 

Mais Capri, c'est au top et une excursion d'une journée est le minimum. Cela doit être tellement agréable d'y trainer une fois les touristes (comme nous) repartis sur Naples. J'ai regretté de ne pas avoir pu faire Ischia et surtout Procida.

A charge de revanche !

 


Alors il en pense quoi le caméléon ?

 
Les + de Naples et ses environs

 

  1. La vie nocturne de Naples le samedi noir au niveau de Scappanapoli : juste délirant de monde et d'activité ;
  2. Des îles absolument superbes et des sites antiques de toute beauté ; des transports efficaces ;
  3. La pizza napolitaine, cette merveille.


Les - de Naples et ses environs

  1. Une ville très bruyante ; il faut bien choisir son logement pour ne pas tourner dingue ;
  2. Les tarifs plus élevés dans les îles ;
  3. Un métro toutes les.... que c'est long ! Incroyable !

 

 

Et vous, avez-vous déjà visité la Campanie ?
Vous pouvez me laisser vos remarques en commentaire ! 

 

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